Renforcer la résilience climatique des communautés masaï
Le comté de Kajiado se situe dans le sud du Kenya, à la frontière avec la Tanzanie. Composé de collines volcaniques et de vastes plaines, il est principalement peuplé par la communauté autochtone masaï. Ce peuple a longtemps vécu du pastoralisme, mais la privatisation des terres, l’urbanisation et les changements climatiques ont contraint nombre de ses membres à abandonner cette tradition.
Si certains se sont tournés vers l’agriculture à petite échelle, les effets de plus en plus marqués des changements climatiques exposent de nouveau les communautés à une aggravation de la pauvreté et de la faim. Le comté a connu cinq saisons des pluies consécutives inférieures à la moyenne, entraînant sécheresse, pénurie d’eau et déclin de la biodiversité. Par conséquent, l’insécurité alimentaire et la malnutrition sont en hausse dans la région.
Les jésuites d’Afrique de l’Est travaillent et vivent aux côtés de communautés masaïs et ont observé les effets dévastateurs des changements climatiques sur la population, notamment la décimation de leurs troupeaux, la perte des récoltes et l’abandon de l’école par les enfants pour aller travailler et aider leurs familles.
Face à l’urgence de renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques et de dynamiser l’économie locale, les jésuites ont lancé, en collaboration avec la Fondation Roncalli, un projet visant à aider la communauté à adopter de nouvelles pratiques et à améliorer ses conditions de vie.
La Fondation Roncalli a versé une contribution de 15 000 dollars au projet, ce qui a permis de couvrir les coûts du matériel, des fournitures et des plantes nécessaires au lancement des activités.
Au total, 125 personnes ont pris part à ces activités, qui devraient profiter à plus de 10 000 personnes au sein de la communauté.
Les participants constatent déjà des résultats positifs !

« La formation à l’apiculture a changé ma vision de l’agriculture. J’ai appris que les abeilles ne produisent pas seulement du miel, mais aussi d’autres produits comme la cire, qui peuvent être vendus. Le fait de recevoir deux ruches et de faire partie d’un groupe m’a apporté de la motivation et le soutien d’autres femmes. J’ai bon espoir que les revenus tirés du miel contribueront à financer l’éducation de mes enfants. Ce projet m’a permis d’acquérir des compétences que je pourrai mettre à profit pendant de nombreuses années. »
« Je suis heureuse d’avoir suivi cette formation. J’ai vraiment appris beaucoup sur le jardinage potager. Avant cette formation, je ne savais pas qu’il était possible de cultiver sans avoir besoin d’un grand terrain. »


« En tant qu’école située dans une zone aride et semi-aride, nous subissons chaque jour les effets du changement climatique. La plantation d’arbres est très importante pour notre environnement et notre avenir. Nous sommes très reconnaissants de cette initiative et plus que prêts à prendre soin de ces arbres et à enseigner à nos élèves à protéger et à restaurer l’environnement malgré les conditions difficiles auxquelles nous sommes confrontés. »
« Dans notre communauté, les femmes disposent rarement d’une source de revenus propre et dépendent principalement de leur mari. Avant ce projet, je n’avais ni emploi ni activité professionnelle. La formation à l’apiculture m’a donné les moyens d’agir en me fournissant des compétences pratiques et des ressources qui m’appartiennent. Je suis désormais convaincue de pouvoir gagner ma vie et contribuer aux revenus du ménage. Cela a renforcé mon estime de moi et ma place au sein de ma famille. L’apiculture m’a redonné espoir en une indépendance financière. »
