Publié le
6 octobre 2026

Selon la Banque mondiale, l’Éthiopie présente le plus grand déficit d’accès aux services d’eau, d’assainissement et d’hygiène en Afrique subsaharienne. Dans un pays de plus de 132 millions d’habitants, environ 60 millions de personnes n’ont pas accès à un approvisionnement de base en eau.

Ce manque d’accès a des conséquences importantes pour la population et pour le développement du pays. On estime que 60 à 80 % des maladies transmissibles dans le pays sont liées à une eau insalubre, à un assainissement inadéquat et à de mauvaises pratiques d’hygiène.


Pourtant, comme nous le rappelle le pape François dans son encyclique Laudato Si’, l’eau est essentielle à la vie humaine :

« En réalité, l’accès à l’eau potable et sûre est un droit humain essentiel, fondamental et universel, parce qu’il détermine la survie des personnes, et par conséquent il est une condition pour l’exercice des autres droits humains. Ce monde a une grave dette sociale envers les pauvres qui n’ont pas accès à l’eau potable, parce que c’est leur nier le droit à la vie enraciné dans leur dignité inaliénable. » (LS 30)


Pour remédier à cette injustice, un ambitieux projet de trois ans a été lancé par l’organisation irlandaise Vita Impact, en collaboration avec les Sisters of Mercy de Terre-Neuve et la Fondation Internationale Roncalli, dans le but de garantir l’accès à l’eau potable à des milliers de personnes dans la région du Sud-Gondar, en Éthiopie.


Une approche axée sur la durabilité

En travaillant en étroite collaboration avec les communautés locales, Vita Impact a constaté que de nombreux villages disposaient de points d’eau, mais que, faute d’une bonne planification, la majorité d’entre eux n’étaient plus fonctionnels. Par conséquent, les enfants, les femmes et les hommes devaient parcourir de longues distances pour aller chercher de l’eau, une corvée quotidienne devenue de plus en plus dangereuse en raison de la détérioration de la sécurité dans la région.

C’est pourquoi Vita Impact a mis au point une solution simple mais efficace : réparer plusieurs points d’eau, en mettant l’accent sur la durabilité. Il s’agissait de créer les conditions nécessaires pour que les communautés soient en mesure d’entretenir et de réparer elles-mêmes les points d’eau, notamment grâce à l’autonomie financière et à l’amélioration des pratiques en matière d’eau et d’assainissement.


L’eau, source de vie

Aujourd’hui, grâce à ce projet, près de 65 000 personnes ont accès à de l’eau potable. Mais derrière ce chiffre se cache tout un système mis en place pour rendre l’eau accessible aux communautés sur le long terme.

Voici comment cela s’est déroulé :

  • 200 points d’eau ont été remis en état, dont 169 forages et 31 sources aménagées.

  • 200 comités de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène ont été mis en place avec succès afin que les communautés disposent elles-mêmes des compétences, des structures de gouvernance et des capacités financières nécessaires pour gérer leurs points d’eau dans la durée.

  • Chaque comité a reçu une formation technique de trois jours sur l’entretien et la réparation des points d’eau. Cette formation pratique a permis aux comités d’acquérir les connaissances nécessaires pour effectuer l’entretien courant et les petites réparations.

  • En collaboration avec les autorités sanitaires des districts, des formations à l’hygiène et à l’assainissement ont été offertes aux communautés vivant autour des points d’eau réparés. Ces formations ont mis l’accent sur la manipulation sûre de l’eau, l’hygiène domestique et la prévention des maladies.

  • La durabilité a également été renforcée grâce au système d’approvisionnement en pièces détachées de Vita Impact, qui garantit un accès à long terme aux composants de remplacement essentiels. Vita Impact a acheté suffisamment de pièces détachées pour cinq ans de maintenance et travaille avec des commerces locaux afin de faciliter l’accès à ces pièces.

  • Des revenus sont également générés pour l’entretien des points d’eau et pour d’autres initiatives de développement communautaire grâce à l’intégration du projet au Vita Green Impact Fund (VGIF). Comme les communautés n’ont plus besoin de brûler du bois pour purifier l’eau, cela permet de compenser les émissions de carbone et de créer des crédits carbone, qui peuvent ensuite être vendus à des particuliers ou à des entreprises souhaitant compenser leur empreinte carbone.

Des vies transformées

Les effets positifs se font sentir dans toute la communauté. Les femmes sont libérées du fardeau épuisant que représente la collecte de l’eau et du bois de chauffage, les enfants grandissent en meilleure santé et les filles passent plus de temps à l’école.

Par ailleurs, l’accès à l’eau potable contribue à protéger l’environnement. Grâce à la disponibilité d’une eau potable directement à la source, les familles n’ont plus besoin de brûler du bois ou du charbon de bois pour la purifier. Cela réduit la déforestation, ce qui contribue à son tour à protéger les sols locaux contre l’érosion et à renforcer l’agriculture.

 

 

Une qualité de vie améliorée

« Avant la réparation du point d’eau, aller chercher suffisamment d’eau pour cuisiner, boire et se laver était une véritable épreuve », se souvient Mme Kassanesh Ayaliew, mère de quatre enfants originaire de la région.

Ses paroles font écho à l’expérience de nombreuses femmes de sa communauté :

« C’était d’autant plus frustrant que, chaque jour, je passais devant une pompe en panne. Je priais pour que quelqu’un la répare ! Maintenant, je peux aller chercher de l’eau potable en quelques minutes. La remise en état du point d’eau communautaire a changé nos vies », s’exclame-t-elle.


Ensemble, créons une communauté d’espoir !
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